Un artiste libre, délocalisant son confinement au bord du Rhône, à la vue de tous ceux qui se jettent dans la pente en dur menant au bord du Rhône, au pied du pont ferroviaire de la Jonction. Le voici ce jeudi, en train de donner sa forme définitive à un buste féminin aux arrondis généreux.

Un atelier de sculpteur sur bois est né à l’ombre de la station de pompage des SIG.
On en doit la découverte à un coureur à pied justement. Dans son message, cette phrase : «L’artiste au travail prolonge ses mains avec des outils de coupe, qui vont bientôt lui manquer car les affûteurs sont eux aussi confinés.»

On court à notre tour le saluer.
L’homme s’appelle Jacques Baume. Il est là tous les jours, à portée de bras de sa réserve de bois indigène, un robinier en rondelles, récemment tronçonné car il risquait de tomber sur les gens. Une menace consistante, presque rassurante, qui se transforme en œuvre d’art d’un simple geste artisanal.

« Adolescent, j’ai fait un apprentissage de décorateur tapissier. Plus tard, je suis allé sculpter des bouddhas en Inde», glisse notre interlocuteur, en prélude d’un portrait, le sien, que l’on se promet d’écrire une fois.
Celui du jour est tenu à distance, dans cette remarque qui le résume :
«On ose à peine se regarder comme si le virus passait par les yeux…»

Tribune de Genève
Thierry Mertenat
Créé : 27.03.2020, 08h44